ULTIM FOLIE DOUCE

Avant les frissons du large et de la haute vitesse, la chair de poule des écluses ! Ce vendredi soir, les huit Ultim ont quitté les pontons du quai Vauban et franchi les écluses. L’ambiance est montée crescendo puisqu’au calme des pontons a succédé une euphorie communicative aux écluses.

Crédit photo : AFP _ Route du Rhum-Destination Guadeloupe

Une marée humaine avant de prendre le large. En cette fin de journée, le public a répondu présent, c’est la foule des grands jours. Vers 18 heures, les gradins autour des écluses sont déjà pleins à craquer, les abords du village sont bondés et se déplacer est un exercice de patience auquel se prêtent volontiers tous les visiteurs. Pourtant, l’euphorie ambiante n’a pas encore gagné le ponton des Ultim. Progressivement, les équipes s’installent et les skippers prennent leurs marques. Le calme du moment rappelle aussi la difficulté de la manœuvre : traverser l’écluse, même dans des conditions aussi idéales que ce vendredi soir, est un numéro d’équilibriste en soi. 

“C’est que du bonheur” (Louis Burton) 

“C’est étroit quand même !” rappelle Tom Laperche (SVR Lazartigue) “Quand on s’aligne sur l’écluse et qu’on regarde devant, on se dit que ça ne rentre pas, c’est comme quand tu passes sous un pont et que tu regardes ton mât !” Louis Burton (Armand Thierry) ne dit pas autre chose : “Il y a un peu de stress parce que ça fait 25 mètres et qu’on a un bateau de 23 mètres de large ! On est concentré et en même temps, on prend du plaisir ! Il y a un monde de fou, nos bateaux et notre sport sont mis en avant, c’est que du bonheur !”

Quant à Alexia Barrier (IDEC Sport – CIC), la première femme engagée en Ultim promettait “de chauffer la salle pour que tout le monde profite du spectacle !”  et s’en remettait à son équipe technique “qui connaît la manœuvre”.  Pour les équipes, ce passage est en effet un premier moment de vérité, celui où il faut retrouver les automatismes et se projeter dans le départ de dimanche : “Ce sont des instants assez chouettes de connivence. Les gestes sont justes, précis, appliqués, tout se fait en silence ce sont des moments sanctuarisés. On est déjà dans la bulle d’Armel et tout le monde contient son émotion”, explique Sébastien Josse, directeur technique du team Maxi Banque Populaire

©Alexia Barrier (IDEC Sport-CIC) dans l'écluse (Sébastien Salom-Gomis / FACTSTORY / AFP)

Aux écluses, la fête Ultim

Avant de se plonger dans la course, il y a donc ce passage d’écluses transformées pour l’occasion en tribune à ciel ouvert. Dès la mi-journée, les premiers visiteurs s’y sont pressés. Alors que la nuit est tombée, un DJ, French79, s’occupe de faire monter l’ambiance. Enfin, les bateaux commencent à se faire une place dans l’écluse au cœur d’un étonnant jeu de son et lumière. Les spectateurs allument les lampes de leur téléphone et les regards se tournent vers les skippers, au centre de toutes les attentions. 

Guirec apparaît, danse sur la proue de son bateau et harangue la foule. Un peu plus tard, Alexia s’élance sur les filets de son maxi-trimaran et saute de bâbord à tribord en jouant avec le public. Puis, c’est au tour de Louis Burton (Armand Thiery), Tom Laperche (SVR-Lazartigue), Armel Le Cléac’h (Maxi Banque Populaire XI) et Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild). Une étonnante procession, une gorgée de Rhum et d’effusion collective bienvenue avant de se jeter dans le grand bain de la course, dans moins de 48 heures.   

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