À TOUTE ALLURE POUR LA TÊTE DE COURSE
Sur l'Atlantique, les compteurs s'emballent, les sensations sont au rendez-vous et les marins donnent toute la mesure de leur talent. Après deux journées particulièrement rapides, une partie de la flotte des ULTIM poursuit sa progression vers le sud-ouest, chacune avec ses enjeux.
Crédit photo : AFP / Route du Rhum - Destination Guadeloupe
Les milles défilent plus vite que les cafés dans une rédaction un soir d'élection.
Pour preuve : Tom Laperche (SVR-Lazartigue) en a avalé 775 ces dernières 24 heures ! Toujours aux commandes, il approche des Açores et devrait laisser Corvo, la plus petite île de l'archipel portugais, à une centaine de milles dans son est. Dans son sillage, les autres Ultim de tête ont eux aussi maintenu des allures impressionnantes, malgré le passage d'un thalweg entre 22 heures et minuit. Une perturbation qui a momentanément fait chuter les vitesses de 35 à 25 nœuds, imposant à tous une série de manœuvres. Armel Le Cléac'h (Maxi Banque Populaire XI) raconte : « On a traversé un front peu actif, mais avec une transition assez nette entre le vent de sud et celui de nord. Il y avait pas mal de boulot à faire et, sur ces bateaux, c'est toujours énergivore. Depuis, ça s'est renforcé. On est au portant, autour de 30-35 nœuds, avec une mer dans tous les sens. Ce n'est pas hyper confortable ! »
Coup dur, en revanche, pour Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild).
Peu avant 5 heures ce mardi, le skipper, alors quatrième à quelque 400 milles au nord des Açores, a signalé une avarie majeure sur son foil bâbord. Le skipper va bien et la situation est sous contrôle. Épaulé par son équipe à terre, il s'attache à sécuriser l'appendice endommagé et à évaluer les dégâts, tandis que sa cellule de routage examine les différentes possibilités pour la suite.
Pour les autres ténors de la catégorie, les regards se tournent déjà vers les prochaines échéances météorologiques.
Les écarts restent contenus, mais la suite pourrait bien ressembler à un Grand Prix où le choix des pneus compte autant que la vitesse de pointe. Deux options se profilent : enchaîner les empannages dans un flux de nord-nord-est ou couper à travers une dorsale, au risque de perdre momentanément du terrain, pour aller chercher du vent plus à l'ouest. « On attend les nouveaux modèles météo pour actualiser nos scénarios. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne va pas aller tout droit jusqu'aux Antilles. Il reste des transitions, des vents changeants et des moments où l'on ralentira fortement. Jusqu'ici, on était surtout dans la vitesse pure. La suite s'annonce plus incertaine. »